Vouloir développer…trop vite | Capitale Triathlon
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Vouloir développer…trop vite

Vouloir développer…trop vite

Évidemment, comme tout bon club sportif, nous avons tenté le coup. Nous avons tenté de mettre sur pied notre sport-études afin de nous conformer à la tendance et développer rapidement des athlètes de qualité. Mais cette qualité rapide, genre de « fast Food » de la production d’athlète, a-t-elle un prix?

Le sport-études a la cote et c’est facile à comprendre. En plus de garder l’étudiant motivé, il facilite la logistique et l’horaire familial.  Mais posons-nous un peu la question : pourquoi vouloir développer si rapidement un athlète? En retire-t-il vraiment les bénéfices qu’on croit?

 

D’où provient le sport-études

Les premiers programmes sport-études nous viennent de la France. En 1960, après les résultats catastrophiques enregistrés lors des Jeux olympiques de 1960 et de 1964, collèges et lycées travaillent ensemble afin implanter des établissements scolaires offrant un programme sports-études.

Au Québec, il existe plus de 600 programmes sport-études. « Ces programmes visent à soutenir des élèves athlètes, identifiés par leur fédération, dans la pratique de leur sport et dans la réussite de leurs études au secondaire. » (Source : ministère de l’Éducation)

Je suis curieux de nature, j’ai fait une petite recherche pour me rendre compte qu’en triathlon, moins de 3 % des élèves admis en sport-études étaient ciblés par la fédération.

 

La vérité

Mis à part les sports à développement hâtif (et je vais y revenir), je ne vois pas pourquoi il faut se presser à développer un jeune dans un sport à un rythme de trois heures de spécialisation par jour. Selon moi, à ce rythme, on étire simplement l’élastique. Le risque que le jeune se tanne plus rapidement de son sport ou qu’il se blesse prématurément est accru.

De plus, il est important que le jeune comprenne que les journées de huit heures où il sera en mesure d’intégrer son travail, son sport et son transport, ça ne fait tout simplement pas partie la réalité. De ce fait, le passage au cégep est catastrophique : selon Statistique Canada, au terme du secondaire, 9 filles sur 10 ne répondent pas aux normes canadiennes en matière d’activité physique (1) * Les jeunes sportifs passant du secondaire au cégep décrochent à un rythme alarmant.

Quand notre objectif est de développer des athlètes et qu’on apprend qu’un aussi grand nombre d’entre eux décrochent du sport au cégep, il y a lieu de quoi se poser de sérieuses questions sur notre façon de faire, non?

 

Et les sports à développement hâtifs, eux?

Je vais me contenter de vous faire réfléchir sur la pertinence d’envoyer un(e) jeune de 13 ans aux Olympiques en gymnastique…

La Charte des Jeux olympiques est claire ; ce n’est pas le Comité international olympique (CIO) mais les fédérations internationales de chaque sport qui sont compétentes pour établir les règles relatives à l’âge. (2) *

Le développer plus « lentement » en assurant des bonnes bases physique et psychologique ne serait-il pas plus sensé? Imposer une fenêtre d’âge de participation aux Olympiques ne serait-il pas un beau cadeau à faire à nos enfants athlètes? Sans me lancer sur un autre débat, les statistiques sont claires, 7 athlètes sur 10 souffriront d’une dépression sportive post olympique.  Était-il préparé? Avons-nous eu le temps de le préparer? (3) *

 

Allier développement sportif et diplôme… n’est-ce pas une belle façon de leur montrer que leurs études sont aussi importantes et de préparer leur après-carrière, non?

 

La solution…

La solution est, selon moi, très simple : Revoir complètement le fondement du sport étude. Revoir les objectifs et l’horaire. Le parascolaire et les profils spécialisés offrent depuis quelques années un excellent compromis. Ces programmes proposent des horaires intéressants, mais surtout réalistes.

 

Bon, je vous laisse, je dois aller entraîner mes athlètes à devenir plus rapide… tranquillement!

 

Sources

 

(1)   Statistique Canada : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2017010/article/54875/tbl/tbl02-fra.htm

(2) *   Charte olympique sur la limite d’âge, chapitre 5, règle 42

(3) * https://www.rds.ca/sports-divers/la-vie-apres-le-sport-1.2841524

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