Comme une rock star – Jocelyn Ducharme

Comme une rock star – Jocelyn Ducharme

Compte rendu Ironman Wisconsin

Je ne me souviens pas exactement quand le projet a commencé, mais je sais que l’idée a fait son chemin à mesure que je m’entraînais avec la gang de Capitale Triathlon. C’est finalement lors d’un souper à la fin juin que le projet est né. En retournant à la maison, je me suis inscrit au Ironman Wisconsin. Là, quand même, je ne partais pas de rien. J’avais déjà fait le 70.3 Eagleman et je m’entraînais pour le 70.3 Maine et Lake Placid. J’avais aussi déjà fait un Ironman et plusieurs 70.3 alors le projet n’était pas complètement fou!

Fast forward au 9 septembre…

Quelques minutes avant le départ:

On est tous ensemble près du départ. Une équipe de trois personnes gosse après mon wetsuit pour l’attacher mais je suis plutôt préoccupé par les vagues et le vent. Je suis un nageur moyen et je sais que mon temps va être «lent»… probablement 1h20. Ensuite, c’est l’hymne national puis on se place pour le départ. Je vous dirais que quand on prend le départ avec Jocelyn Paré et Sylvain Nadeau, on ne se sent pas exactement le mâle alpha du groupe! Je me place loin derrière, sachant très bien que je suis un nageur beaucoup moins fort que le reste de notre gang!

Natation (3,8 km): Le départ est donné, mon tour de sauter à l’eau arrive beaucoup trop vite à mon goût, mais pas le choix, on se lance! C’est plutôt agité, venteux et vagueux! Je reçois ma dose habituelle de coups de poing et de pied mais rien d’inquiétant. Je trouve même que je nage bien et même si tout le monde me dépasse, j’ai l’impression que je vais faire un bon temps. Je ne suis pas pressé de sortir de l’eau et le temps passe plutôt vite. Je suis étonné de voir autant de bénévoles disponibles pour enlever les wetsuits. Quand j’ai croisé Francis et Valérie un peu plus loin et que Francis m’a dit : «Oublie ça, Joce, focus bike», j’ai compris que ça ne pouvait pas être bon. 🤔 J’ai su plus tard que j’avais fait 1h40 et que Valérie et Francis se demandaient qui j’avais mis comme contact d’urgence!

Vélo (180 km): Ici, c’est une autre histoire. Toutes proportions gardées, le bike est ma force. Dès le début, je dépasse un nombre incalculable de cyclistes, particulièrement dans les montées. Il faut quand même dire que je suis tellement lent à la natation que ça prend du temps avant de rejoindre la compétition de mon niveau et de mon groupe d’âge à vélo. Mais plus la course avance, plus ça devient difficile de faire des dépassements, sans compter que le vent se lève et que les côtes se multiplient! J’ai quand même des boosts d’adrénaline incroyables dans certaines montées où les spectateurs forment un cordon étroit, un peu à la façon du Tour de France, et encouragent les cyclistes bruyamment! Pas pu résister, j’ai brûlé beaucoup trop de cartouches dans ces montées, mais c’était ma-la-de! Loin sur le parcours, je finis par commencer à rattraper des coéquipiers de Capitale Triathlon. Chaque fois, on s’échange quelques mots et on s’entend rapidement que le parcours est très difficile (le plus difficile que j’ai fait à date) puis je continue ma route. Au bout de 180 km, j’aurai gagné plus de 1200 positions avec un chrono respectable de 5h52.

Course à pied (42,2 km): J’avais un seul objectif, courir tout le long et perdre le moins de positions possible. Je devais marcher seulement les ravitos et certaines côtes. Le parcours est magnifique et la foule est nombreuse. En plus, c’est là qu’on a la chance de voir le plus notre monde, aussi bien nos coéquipiers que nos supporteurs. Chaque fois, ça donne un boost incroyable. J’ai trippé de voir Sylvain et Joce P. puis Valérie, Véro, Mylène, Isabelle. Je les voyais faire des super courses et ça me donnait un boost chaque fois! Il y a aussi Jake qui courait très bien et qui me
poussait dans le cul en me disant qu’il s’en venait me chercher!!! Vraiment cool de faire le tour du stade des badgers, courir au centre-ville, sur le bord de l’eau et dans un parc. Le plus beau parcours de course que j’ai fait jusqu’à maintenant!

L’arrivée: Il n’y a rien de plus satisfaisant que de suivre la flèche Finish à l’intersection Finish/Second loop… puis entendre un bénévole annoncer dans un radio portatif «number 285, coming in for the finish». À ce moment, il ne reste plus que 200 à 300 mètres sur une distance de 42 km. Je ne sens plus rien sauf mon cœur qui veut sortir de ma poitrine et mes yeux qui se remplissent d’eau. Je sens l’énergie de la foule et il suffit de soulever un bras pour entendre la foule réagir encore plus. Je ne boude pas mon plaisir et j’en redemande. La foule devient encore plus bruyante. Je me sens comme une rock star et je m’assume complètement. Je termine dans les 400e sur 2300 mais c’est secondaire. J’ai couru tout le long, je vais avoir gagné une centaine de positions supplémentaires et je suis fier de ma course.

On se rejoint tous près de l’arrivée. On en aura pour plusieurs heures à se raconter nos courses! Chacun a sa belle histoire à raconter et on ne tanne pas de les entendre!

Merci à Val d’avoir été là tout le week-end pour me supporter et pour les 15 minutes que tu auras conduit 😂😂😂. Tu as été parfaite! J’ai hâte que ce soit mon tour!  

Merci à Val L, Sylvain, Mylène, Francis, Véro, Joce et Isabelle. Vous êtes inspirants… mais surtout incroyablement gentils!!!! Vous m’écœurez un peu avec votre talent à la natation mais pour le reste, vous êtes parfaits!

Merci aussi à Jake, Ben, Karim et au Véro support crew! Vous êtes malades!

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